Participation suite

Publié le par Daniel Auvertin

Questions à propos de la participation des habitants


Vieux texte à retravailler



  • Questions que nous nous posions, il y a une vingtaine d'années.
  •    
  • Questions actuelle : qu'en pensez-vous, quelles questions vous pose la participation des habitants, quel peut-être le rôle de l'animateur social ou socioculturel ?

  • Question annexe : qui d'entre-vous se lance pour réagir et commenter ce texte, vous pouvez utiliser le lien en bas de cette page ?


Les difficultés liées à la gestion et au développement des quartiers, les préoccupations relatives à la gestion de la cité appellent la mise en oeuvre de processus adéquats.

En ce sens de plus en plus on admet et on affirme avec vigueur l’idée selon laquelle la mise en oeuvre de dispositifs de participation d'habitants constitue un élément indispensable de solution.

L'avenir et le présent de la vie sociale des quartiers doivent faire l'objet d'un dialogue entre élus, techniciens et habitants, être traités par le débat public et l'action concertée.

Mais, force est de constater que ces principes ne se traduisent dans les faits que de façon marginale, expérimentale, exceptionnelle ou précaire.

Le partenaire HABITANT reste de manière dominante hors du jeu de la production de son devenir.

Dans cette situation le travailleur social en général, l'animateur social en particulier, sont soumis à une contradiction qui handicape parfois leur action. et leur confère une bonne part de pouvoir personnel.

D'une part, ils reçoivent un mandat plus ou moins clair, plus ou moins précis d'une ou de plusieurs institutions pour intervenir en direction d'un public qu'on ne consulte pas, qu'on ne place pas en situation de partenaire-acteur.

D'autre part, s'ils veulent mener efficacement leur mission, ils doivent prendre en compte la parole, les valeurs, les demandes de ces populations et souvent se constituer porte-parole auprès des institutions.

Cette situation d'intermédiaire, de médiateur assumée en fonction de son histoire personnelle, de ses propres valeurs, de rapports de force jouant entre les institutions et la population, l'animateur l'utilise par une double identification en tirant sa légitimité plus ou moins des institutions, plus ou moins de la population.

Nous pensons qu'il faut transformer les règles du jeu et donner une place entière, aux côtés de l'élu, du technicien, à l'expression de la parole des habitants pour produire un système de relation tripartite équilibré permettant de gagner en efficacité sociale.


Ce type de démarche pose trois séries de questions :


1 - Il convient d'abord de souligner que sans volonté politique émanant des institutions politiques et administratives, instaurer et / ou pérenniser un processus de participation reste un leurre.

Il apparaît nécessaire de s'interroger sur la nature des obstacles qui freinent l'engagement, le développement de processus de participation.

Encore faut-il s'entendre sur la notion de participation des habitants. S'agit-il d'informer ? s'agit-il de prendre en compte une parole collective ? quelles sont les différentes conceptions et pratiques de participation des habitants ? Quel est l'objet de la parole des habitants ? Est-ce la question de l'élaboration des objectifs d'un projet ? Est-ce la question de sa mise en oeuvre technique ?

2 - On peut affirmer reconnaître l'interlocuteur habitant et lui attribuer une place. Mais, il convient aussi de poser la question des moyens permettant de satisfaire cet objectif.

A quelles conditions un groupe d'habitants est-il en mesure d'assumer de manière efficace son rôle dans le jeu de la participation et de la concertation sachant qu'élu et technicien occupent une position solide ?

De quels moyens propres (financiers, en aide technique...) doivent se doter les habitants ? A quelles conditions peuvent-ils être acteurs ?

3 - La troisième interrogation interpelle directement le technicien travailleur social.

Face à la multiplication de catégories de population en difficulté, le professionnel est interrogé et s'interroge sur la manière d'éviter le renforcement des processus d'assistance.

L'évolution des besoins sociaux (logement, santé, éducation,...) et l'accroissement de leur interdépendance rendent moins évidente la production de réponses adaptées. Les besoins doivent être cernés dans toute leur complexité et ce avec le concours des populations concernées, car elles sont le mieux positionnées pour évoquer concrètement cette complexité.

Les travailleurs sociaux ne peuvent éluder cette dimension. Ils ont à repenser leur rôle et attitudes professionnelles. Il s'agit de modifier l'approche des problèmes et d'adapter les méthodes de travail dans un nouveau contexte, au cadre de  fonctionnement où l'usager est acteur.

La préoccupation d'un centre de formation d'animateurs sociaux se situe à ce niveau, celui des outils et méthodes à mettre en oeuvre pour intervenir, fonctionner selon le principe de la participation des habitants et ainsi tenir pleinement son rôle professionnel.



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