Histoire de la profession d'animateur
Depuis le siècle précédent
* L'Éducation populaire, dans une France encore très rurale, est l'affaire privilégiée des prêtres et des instituteurs laïques qui s'affrontent, se concurrence, se complètent dans les quartiers et les villages dans le but de contrôler les populations.
1960-1965
* Accélération du processus d'urbanisation lié à l'exode rural, à l'industrialisation du pays" 30 glorieuses", nombreuses populations déplacées vers les villes, ayant perdu leurs cadres de référence traditionnels.
* Augmentation du niveau de vie et transformation des modes de vie.
* Construction de la jeunesse comme groupe autonome, ayant ses propres modes, sa musique, ses valeurs, etc...
* Jeunesse dangereuse "les blousons noirs"
* Les acteurs traditionnels de l'Éducation populaire: prêtre et instituteur perdent progressivement leur statut d'intervenants privilégiés dans ce nouveau contexte.
* Les premiers salariés appelés "animateur" apparaissent et sont surtout choisis parmi les militants bénévoles des associations employeurs. Leur action s'exerce principalement pendant les temps de loisir et ils sont plutôt formés à la pédagogie des activités et de la relation avec le groupe, la cible prioritaire est la jeunesse qui commence à inquiéter les adultes et les pouvoirs publics, en particulier dans les cités nouvelles.
* Principaux centres de formation: Fédération française des maisons de jeune et de la culture et Ligue de l'enseignement... pour former leurs propres cadres; INFAC créé par le Centre de culture ouvrière; CNFA créé par l'Union française des centres de vacances... pour former les cadres d'autres institutions...
1965
* Création par le ministère de la Jeunesse du diplôme de conseiller d'éducation populaire (DECEP), qui marque bien, dans son intitulé, combien la profession d'animateur reste encore dans le droit fil des préoccupations de 1936 'le temps Libre, les congés payés...) et de 1943-1945 (Uriage, reconstruction du tissu social...)
1965-1970
* Age du loisir, mise en place des premiers équipements et lutte des différents mouvements pour le contrôle de ces équipement, en particulier par la mise à disposition de leurs propres animateurs.
*Le DECEP est remplacé par le CAPASE en 1968. C'est un diplôme par unités de valeurs capitalisables (Certificat d'aptitude à l'animation socio-éducative). "Il faut animer le béton". La formation commence à intégrer les préoccupations gestionnaires. Le bon animateur est celui qui rempli et fait bien tourner son équipement où il est, dans la grande majorité des cas, le seul professionnel " homme à tout faire".
* Relations privilégiées avec une équipe de militants ou de bénévoles qui assurent la majorités des animations.
1970-1975
* L'âge de la participation, de la recherche sur la fonction de l'animateur: médiateur, régulateur, fédérateur? Une commission interministérielle élabore quelques principes généraux pour "un statut de l'animateur": sans suite. Contestation de la profession, comme pour celles des autres travailleurs sociaux aux quels les animateurs ne s'assimilent pas, en tant qu'instrument du contrôle social exercé sur les populations et plus particulièrement sur les jeunes.
* Jeunesse dangereuse "les gauchistes"
* On assiste très souvent à une exclusion des jeunes et à une orientation du travail des animateurs et une ouverture des équipements vers d'autres publics jugés moins subversifs.
* Des secteurs professionnels nouveaux s'ouvrent à la profession: troisième âge, club de prévention, environnement, cadre de vie, consommation, tiers monde, droit de la femme... la formation suit, plus ou moins, ce mouvement. Dans le même temps lorsque les animateurs sortent des loisirs, interviennent dans des terrains jugés sensibles, tels les derniers cités, ils sont très rapidement soupçonnés d'outrepasser leur rôle et de menées subversives.
1975-1980
* L"âge de l'animation globale et de la mise en place d'équipements communautaires (centres sociaux particulièrement). En douze ans, de 1964 à 1976, on passe de trois écoles à plus de trente lieux de formation partielle ou totale; les lois de 1971 et 1978 sur la formation professionnelle aident à cette explosion.
* Premiers symptômes de la crise économique (monté du chômage des jeunes en particulier) et de la dégradation de la situation dans certains quartiers (monté de la petite délinquance). Les animateurs commencent à être associés officiellement, bien que timidement, à certaines démarches entreprises par les pouvoirs publics pour lutter contre ces maux (stages, plans emploi, Habitat et vie sociale.
1979
* Le DEFA, premier diplôme interministériel, issu d'un compromis entre le ministère de la santé, qui gère les autres professions du social et souhaite, à l'époque, créer son propre diplôme d'animateur et celui de la jeunesse et des sports, à l'origine de la profession d'animateur, remplace ses prédécesseurs.
Parallèlement, l'Éducation nationale développe son DUT d'animation en deux ans permettant de se raccrocher ensuite au DEFA.
1980-2000
* L'âge du développement social, importance de l'économique, l'animateur devient l'un des maillons privilégié de la mise en place des politiques de l'État dans les domaines du développement social, de l'insertion sociale et professionnelle, de la prévention de la délinquance, de la lutte contre les exclusions en général.
* Passage à l'animation coordination et conduite de projet, développement du travail en partenariat et des logiques territoriales.
* Le quartier reste le territoire privilégié de l'animateur, dans un premier temps, mais on passe de plus en plus à la dimension ville ou agglomération.
* Jeunesse dangereuse " les jeunes des banlieues, les jeunes en grande difficulté, en fait, les jeunes de la deuxième génération issus des populations immigrées ou considérées comme telles malgré leur nationalité française.
Politique des grands frères suivie de celle de la médiation.
L'insécurité devient, bien souvent, le domaine privilégié d'intervention de l'animateur qui est appelé de plus en plus à collaborer avec les différentes forces de police et la justice.
La profession se hiérarchise et se diversifie, nouveaux diplômes en particulier le BAETEP, nouveaux profils, chef de projet, agent de développement, agent techniques d'insertion, etc.
La création récente des emplois jeunes n'a fait qu'accélérer ce phénomène.
Le Beatep a été remplacé par le BPJEPS . La réforme du DEFA est, en principe, en cours.
La situation actuelle
On trouve donc des animateurs aussi bien, dans le développement local en milieu rural, dans les dispositifs de la politique de la ville, de l'insertion, de l'économie solidaire, de la prévention de la délinquance, que dans les hôpitaux, les établissements pour handicapés, pour personnes âgées. Sans abandonner pour cela les secteurs traditionnels de l'enfance, de la jeunesse et du loisir.
Le secteur de l'animation apparaît donc de plus en plus morcelé, éclaté entre deux composantes de base, la culture et le social, malgré la volonté des pouvoirs publics de développer des approches transversales.
Le nombre d'animateurs est impossible à évaluer de manière fiable, compte tenu de l'absence d'une définition commune à l'ensemble des partenaires de l'animation et du développement.
Les estimations peuvent osciller entre 30 à 40 000 si l'on ne compte que les diplômés à 400 000 et plus pour l'Unedic.

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