La genèse de l'animation institutionnalisée en France

Publié le par Daniel Auvertin


Application progressive du concept d'animation par :

- Extension progressive du champ d'application.
- Différenciation progressive des acteurs de l'animation.

L'apparition de l'animation institutionnalisée.

• Il est difficile de dater avec précision l'apparition et l'application du concept d'animation à la vie sociale car la notion d'animation a toujours existé de façon diffuse? Le concept et son institutionnalisation apparaissent en France vers les années 60, de façon beaucoup plus marquée de 1965 à 1970.

• Cet essor est lié à 2 sortes de difficultés, à 2 types d'efforts, expliquant 2 contenus différents :

- en milieu urbain, il est motivé par la prise de conscience des malaises de la civilisation urbaine, de la vie des grands ensembles, du malaise des jeunes, de la société de consommation, et par la recherche des équipements collectifs appropriés, durant l'élaboration du VIe plan.
- en milieu rural, son apparition plus tardive est liée aux malaises du sous-développement, des retard de croissance.

• Pour l'un et l'autre milieu, l'animation s'origine dans le malaise lié à l'entrée dans la modernité d'une société plus ou moins anomique, mais la différence de leurs sources explique la différence de leurs contenus :

- en milieu urbain, l'animation s'insère dans la vie de loisirs, hors du travail et de la vie économique.
- en milieu rural, l'animation est globale, recouvrant même plus la vie économique que la vie hors travail.

L'extension progressive des champs d'application.

• C'est surtout en milieu urbain que le concept d'animation s'est formé et développé.

•  à l'origine, l'animation est limitée au secteur socio-culturel :

- d'abord aux équipements collectifs pour les jeunes (MJC, FJT) : l'image de l'animateur se confond avec celle du directeur de la MJC
- puis à d'autres catégories d'âge et d'équipements (ex : centres sociaux

• elle s'applique ensuite à des collectivités plus variées, toujours à finalité sociale et socio-culturelle :

- les associations volontaires, les clubs, villages de vacances, les émissions culturelles, puis l'ensemble des organismes de diffusion culturelle (théâtre, maison de la culture, musée, bibliothèque).

• Elle gagne alors les collectivités territoriales (le quartier, la commune, l'agglomération) et devient "animation globale" :

mise en relation, recherche de concertation entre les différents acteurs sociaux, tant publics que privés, prise de conscience commune des contraintes et potentialités, volonté de cohérence dans l'action. L'animation ainsi conçue reste à base socio-culturelle, mais sort, peu à peu de ses limites initiales, prend une dimension politique, mord sur l'économie urbaine (ex : politiques transversales : ville, prévention, insertin, développement, etc)

• L'animation fait enfin son entrée dans la vie économique, aussi bien au niveau :

- des entreprises qui recrutent des animateurs de vente, de promotion, de formation
- que des organismes d'aménagement et d'organisation économique.

 • En milieu rural, l'animation est d'emblée multi-dimentionnelle et globale ;

elle apparaît dans le passage de la vulgarisation au développement, dans la volonté de décloisonnement des activités rurales, dans l'émergence et la mise en action de nouvelles solidarités ; elle rencontre d'abord quelque réticences tant qu'elle reste perçue comme action non directive aux buts imprécis ou suspects, puis se diffuse en devenant processus de concertation, d'information et d'élaboration (étude,animation).

• La différenciation progressive des acteurs de l'animation.

La différenciation est évidemment parallèle à l'extension du champ d'application.

- On ne mentionne d'abord que des animateurs professionnels, le modèle initial, unique (le directeur de MJC, de centre social) se fractionnant en plusieurs classes d'animateurs socio-culturels, social, chef de projet, agent de développement économique, social, culturel, etc..
- L'on distingue, à côté des animateurs institutionnels, des animateurs bénévoles, des animateurs spontanés qui sont ou doivent être les dirigeants d'associations volontaires.
- Non sans risque d'inflation, on découvre alors que toute fonction d'encadrement, d'entraînement, de direction doit avoir une dimension d'animation. L'animation gagne la vie économique, l'enseignement, l'administration, l'armée : tout chef, tout responsable doit être, devient un animateur.
- L'animation se conjugue avec l'éducation permanente, entre même dans le champ politique, éveillant des tensions entre les animateurs professionnels et les responsables élus - animateurs par principe.

Typologie des tâches et situations d'animation en France.

- en fonction des collectivités où elles s'exercent.
- en fonction des rôles assumés par les animateurs.
- en fonction des organismes qui les réalisent.



 
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Publié dans Animation

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