Les cinq directions institutionnelles prises par le social

Publié le par Daniel Auvertin



Les champs du travail social



Les cinq directions institutionnelles prises par le social Le social s'est peu à peu canalisé dans quatre direction institutionnelles :

 - l'Aide sociale;
 - la Sécurité sociale;
- l'Action sociale;
- l’Animation sociale ou socioculturelle

- on peut y ajouter le Développement social apparu (institutionnellement) fin des années 70, début des années 80, dans le cadre des politiques de rénovation des quartiers, puis de la ville, dans le cadre des politiques dites Transversales.

L'aide sociale

Dans le langage courant, l'"Aide sociale" est l'ensemble des dispositifs venant en aide aux personnes dans le besoin.

Dans ce sens extensif, elle désigne tous les systèmes d'aide mis en place "pour abolir l'état de besoin".
Au sens strict, il s'agit de l'appellation actuelle de la vieille assistance publique dont l'origine remonte entre autres à saint Vincent de Paul, ce qui induit une connotation paternaliste malgré le dynamisme de ses acteurs et les transformations dont elle a été l'objet.

L'assistance publique s'appliquait essentiellement à deux domaines :

 - l'assistance publique des "enfants assistés" qui étaient des enfants abandonnés et pupilles de l'État;
- l'"assistance médicale gratuite" et l'"assistance aux vieillards", "infirmes incurables" et "femmes en couche", etc.

La première est devenu l'Aide sociale à l'enfance. Elles prend en charge des mineurs ou jeunes majeurs (dix-huit - vingt et un ans) La loi de décentralisation de juillet 1983 a transféré l'Aide sociale à l'enfance au département.

La seconde a été réformée en 1953 et transférée, pour l'essentiel, au département, trente ans plus tard par la loi du 22 juillet 1983. Elle a banni son ancien vocable d'assistance, afin de bien marquer la dignité et les droits des bénéficiaires, lesquels disposent de voies de recours contre les décisions des commissions d'admission. Elle conserve quand même, dans la plus part des cas, la référence à l'obligation alimentaire et l'inscription d'une hypothèque sur les immeubles des bénéficiaires.

La sécurité sociale

Elle repose sur le principe de l'assurance. c'est sur la base des premières lois d'assurance sociale de 1930, qu'elle a pu voir le jour en 1945 - 1946. L'ordonnance de 1945 proclamait : "L'organisation de la Sécurité sociale garantit les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature susceptible de réduire ou de supprimer leur capacité de gains.

Elle couvre également les charges de maturité et de famille".

L'ordonnance prévoyait, en outre, l'harmonisation progressive des protections et l'extension du champ de la sécurité sociale à d'autres catégories de bénéficiaires et à des risques nouveaux. La loi du 22 mai 1946 devait, par la suite, rendre obligatoire l'assujettissement aux assurances sociales de tous les travailleurs résidant sur le territoire national. Le 22 Août 1946, les allocations familiales étaient, à leur tour, étendues à toute la population. Enfin l'assurance vieillesse était généralisée.

Pour administrer cet ensemble, l'ordonnance de 1945 avait prévu l'organisation de caisses uniques à compétence générale dont l'organisation devait s'inspirer des principes de la mutualité. Homogène et ambitieux, le plan de 1945 - 1946 sera tenu en échec :

- sur l'idée de généralisation (maintien des régimes particuliers et des régimes spéciaux);
- sur le principe de la caisse unique.

Les ordonnances de 1967 séparaient les régimes créant trois caisses distinctes :

- la caisse nationale d'Assurance familiale;
- la caisse nationale d'Assurance maladie;
- la caisse nationale d'Assurance vieillesse.

Elles supprimaient également la démocratie sociale instaurée par l'élection des membres des conseils d'administration des caisses. Celle-ci sera rétablie (en principe seulement) en 1983. Du fait de certaines conditions d'ouverture des droits, de la création d'un forfait journalier hospitalier, de la non-prise en charge de l'hébergement social, la sécurité sociale a laissé finalement, et malgré son développement, une place importante à la perpétuation de l'aide sociale, alors que chacun pensait qu'elle allait se rétrécir ou disparaître dans l'action sociale.

L'action sociale

Partant de l’initiative des pouvoirs publics et d’autres acteurs institutionnels, mais contrairement à l'aide sociale et à la sécurité sociale, qui découlent de textes officiels, l'action sociale se distingue par une absence de définition, ce que l'on peut à l'usage, considérer comme un avantage, car l'action sociale recouvre des mécanismes créatifs et dynamiques.

C'est peut-être même en raison de son imprécision que l'expression "action sociale" a connue la faveur que l'on sait à côté de l'"action économique", l'une et l'autre intimement liées. Au demeurant, pour les gouvernements, l'action sociale est un rouage de la politique sociale au même titre que l'aide sociale ou la sécurité sociale.

Contrairement à ces dernières, elle relève d'un droit prospectif, non contraignant, et toujours évolutif; elle se place ainsi dans les frontières des systèmes précédents, pour viser de plus en plus des groupes plutôt que des individus.

Les actions de lutte contre les toxicomanies ou conduites adictives, les mesures prises en faveur des immigrés, l'insertion sociale et professionnelle en sont des exemples.

L'État n'a pas le monopole de l'action sociale. elle est organisée également par :

- les collectivités territoriales, et notamment par les communes - leur centre communal d'action sociale (CCAS)
- et les départements.
- de leur côté, les caisses de Sécurité sociale mènent, depuis leur origine, des actions sanitaires et sociales, secteur où elles bénéficient d'une liberté d'initiative assez grande.

Elles interviennent ainsi en matière de vacances familiales, de loisirs, de centres sociaux ou d'aide ménagère aux personnes âgées.

La perspective d'ensemble de l'action sociale est plus préventive que curative, autre différence avec l'Aide sociale et la Sécurité sociale.

L’animation sociale

Héritière de l’éducation populaire elle s’est développée à partir des années 60 pour accompagner le processus de transformation de la société pendant les « trente glorieuses » , passage :

- d’une société rurale à une société urbaine,
- d’une société agricole et artisanale à une société industrielle,
- d’une société de pénurie à une société de consommation,
- d’une société autoritaire et patriarcale à une société libérale,
- d’un idéal d’égalité à un idéal d’équité,
- etc.

Issue de l’initiative de bénévole plus que des pouvoirs publics et s’adressant à des gens considérés comme étant des citoyens normaux, responsables et autonomes (souvent issus des classes moyennes au sens large), elle s’est progressivement professionnalisée et ses interventions s’inscrivent de plus en plus dans une logique d’action sociale à l’initiative des pouvoirs publics L’animation dont il est question ici recourt donc à des professionnels et s’appuie, chaque fois que cela est possible, sur des associations.

L’animation socioculturelle participe à l’amélioration de l’environnement local, met sur pied des événements, propose des activités et contribue à mener à bien des projets.

Toutefois ce n’est pas la nature de l’activité qui définit l’animation.

Sa spécificité réside dans le fait que les participants aux diverses activités établissent entre eux des rapports dont découlent pour eux des bénéfices: l’activité elle-même, le développement personnel et le renforcement de leur réseau de sociabilité.

L’animation socioculturelle permet donc le développement des relations sociales de ceux qui y participent et l’augmentation de leur autonomie. Elle ne se définit donc pas uniquement par des activités dont on pourrait dresser la liste, ni par un degré d’implication de l’animateur professionnel.

Elle se déroule tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des centres.

L’animation socioculturelle joue en outre un rôle de détection et d’orientation sociale dans les quartiers et dans la ville. Enfin, l’animation socioculturelle offre des lieux où les personnes éprouvant des difficultés doivent pouvoir trouver écoute, aide, conseils, et orientation vers les appuis existants. De façon générale, l’animation joue un rôle de prévention.

Le processus de professionnalisation a provoqué une distance de plus en plus grande entre les acteurs de l’animation et les population concernées, ce qui s’est traduit par un départ des bénévoles et une instrumentalisation des associations

Le développement social

Après la vague de construction massive de l'après-guerre dès 1970, commença à se poser le problème de la réhabilitation du bâti des grands ensembles de logements sociaux. Il apparaissait à certains responsables que la dégradation de la vie sociale et la transformation sociale des quartiers, due en particulier à l'arrivée de «relogés» provenant de bidonvilles ou d'îlots insalubres en voie de résorption, entraînait une dégradation relativement rapide du bâti. Réparer le bâti ne paraissait donc pas suffire à améliorer de façon durable l'environnement des quartiers les plus difficiles. Il fut suggéré alors d'engager autour de la réhabilitation une opération plus large.

Ce fut «Habitât et Vie Sociale», groupe interministériel, créé en 1977 pour piloter ces opérations afin d'enrayer la dégradation physique et sociale de certains grands ensembles».

Des actions devraient être menées sur les bâtiments bien sûr, l'environnement, mais aussi les services collectifs et ce qui peut favoriser la vie sociale. Une des conditions de réussite de l'opération était la participation de la population.

En juillet 1981, 420 opérations HVS représentant 64 000 logements avaient été lancées. A la fin de 1981 fut créée la commission pour le Développement social des quartiers. Elle se situait dans la ligne des opérations HVS, mais en même temps répondait aux nouveaux impératifs de la mise en oeuvre de la décentralisation qui exigeait que l'on transforme une procédure alors fortement dépendante de l'État.

La commission pour le Développement social des quartiers avait trois axes principaux :

- agir sur les causes de la dégradation des quartiers autant que sur la dégradation elle-même,
- faire des habitants des acteurs du changement
- et rendre les collectivités locales responsables des opérations.

Il ne s'agit plus seulement d'un accompagnement par des actions d'ordre social ou culturel mais de chercher à agir sur les causes même de l'exclusion sociale.

Dans ces quartiers, la très faible formation initiale ou continue de la population et des jeunes en particulier crée des difficultés accrues d'insertion professionnelle des habitants.

Le quartier est souvent marginalisé par rapport à la ville, mal desservi par les transports publics, éloigné, sans entreprises, bureaux ou services administratifs.

Les habitants sont dans une sorte de ghetto et il n'existe pas de circulation réelle, car les habitants d'autres quartiers n'ont aucune raison de se rendre dans un quartier où n'existent que des logements.

Les opérations menées dans ce cadre cherchent à réhabiliter le bâti, à agir avec les services sociaux, les acteurs culturels, mais aussi à renforcer le rôle de l'école, à monter des opérations de formation, à créer de l'emploi (en particulier dans la réhabilitation et l'entretien des bâtiments), à implanter des entreprises ou des services administratifs, à travailler avec la mairie à améliorer voirie, transports… Elle cherche également à promouvoir une attribution des logements qui permette d'instaurer un meilleur équilibre de la population ou bien plus modestement à encourager des rencontres différentes dans le quartier ou entre le quartier et l'agglomération.

Pour mettre en oeuvre ces opérations, l'ensemble des partenaires concernés se rassemblent autour de la collectivité locale : administrations, organismes sociaux, gestionnaires de logements, associations d'habitants…

Qu'il s'agisse du développement local en milieu rural, ou du développement social en milieu urbain, on est passé :

- d'une vision sectorielle des problèmes économique ou sociale
- à une conception globale, à une articulation entre les différentes causes et les différents effets sur un même territoire.

De la modernisation de l'agriculture, de l'aménagement rural, des politiques de reconversion, on est passé au développement local qui cherche à articuler développement économique, social, culturel, en associant tous les partenaires et en particulier les acteurs concernés sur un même espace.

De la gestion du bâti et de l'action sociale, on est parvenu au développement social qui prend en compte tous les aspects de la vie d'une population d'un quartier à la fois (logements, travail, formation, insertion, culture), là aussi avec la concertation de tous les partenaires y compris les habitants eux-mêmes.

Les travailleurs sociaux

Les travailleurs sociaux assurent une présence sur le terrain aux côtés des populations qui, confrontées à des difficultés de tout ordre, ont besoin d’une aide ponctuelle ou durable pour recouvrer ou préserver leur autonomie.

Les métiers sociaux ont connu ces dernières années d’importants bouleversements

d’une part en raison des profonds changements intervenus dans leur cadre d’exercice

– décentralisation
– politique de la ville
– diversification des intervenants et des politiques menées dans le champ social

• d’autre part du fait des évolutions qui ont affecté les problématiques auxquelles ils sont confrontés

– montée du chômage
– exclusion sociale
– vieillissement de la population.

• Les métiers sociaux sont devenus plus complexes et, au-delà du partenariat entre travailleurs sociaux, la nécessité d’un travail en réseau avec d’autres intervenants apparaît désormais indispensable à l’efficacité de l’action.

Qui sont ils ?

Ils occupent aujourd'hui une position stratégique dans la lutte contre l'exclusion, l'insertion et la reconstitution de liens sociaux. Toutes les politiques sociales nationales ou locales, qu'il s'agisse du traitement du chômage, du développement social urbain, de la prévention de la délinquance, du revenu minimum d'insertion (RMI), du logement, de la santé, de l'insertion des handicapés, les situent en première ligne. Au côté des bénévoles, des politiques, des acteurs économiques, leurs formations et leurs compétences en font des professionnels de l'intervention sociale. De nombreux métiers complémentaires

Au nombre de 800.000 au 1er janvier 1998 (notamment 230.000 professionnels de l'aide, 125 000 de l'éducation, 37.000 de l'animation - Source : DRESS), les travailleurs sociaux appartiennent à un ensemble de métiers souvent complémentaires qui s'exercent dans des structures très imbriquées et diversifiées et qui traitent cinq à dix millions de personnes en difficulté plus ou moins grande.

Bien que les frontières de leurs interventions soient en mutation, on peut distinguer quatre familles de métiers du travail social

* Celle du conseil et de l'assistance auprès d'adultes, de familles ou de personnes âgées, qui regroupe les métiers suivants : assistant de service social, conseiller en économie sociale et familiale, délégué à la tutelle.

* Celle de l'éducation qui s'exerce auprès d'enfants, jeunes ou adolescents, handicapés ou inadaptés, voire même auprès d'adultes. Cette "famille" concerne les métiers d'éducateur spécialisé, d'éducateur technique spécialisé, d'éducateur de jeunes enfants, de moniteur éducateur, de moniteur d'atelier, d'aide médicopsychologique.

* Celle de l'animation. Dans ce cas les professionnels ont en charge l'animation de centres ou d'équipes en vue de l'insertion sociale et culturelle de tout ou partie des habitants d'un territoire (animateur, animateur socio-culturel).

* Celle de l'aide à domicile qui apporte un soutien et une aide à des personnes non autonomes ou à des familles impliquées dans une activité professionnelle.

Les métiers sont alors ceux de technicien de l'intervention sociale et familiale, d'assistante maternelle, d'aide à domicile, d'auxiliaire de vie.

Des modes d'intervention diversifiés

Les approches sont diverses pour chaque métier du travail social en fonction des besoins des usagers et des missions des services ou établissements qui les emploient accompagnement de personnes ou de groupes, orientation vers des centres spécialisés, travail au sein d'équipes soignantes, montage de dossier pour l'attribution de logement ou d'aides financières, constitution de réseaux de solidarité, montage de projets.

Certains ont des fonctions d'encadrement d'équipes, de direction de services ou d'établissements, de développement de quartiers.

Cet ensemble de métiers, bien qu'en évolution constante, reste fondé sur les capacités relationnelles. Ils nécessitent un intérêt pour les problèmes humains et sociaux, une aptitude à la communication et une bonne culture générale.

Les principaux types d'employeurs sont les collectivités territoriales, communes et conseils généraux, les établissements et services pour adultes et enfants handicapés ou inadaptés, l'Etat, les hôpitaux, les centres sociaux, les établissements d'hébergement, les entreprises publiques ou privées. Le travail social et l’animation se pratiquent dans un champ d'intervention en forte évolution sous la poussée des mutations sociales, économiques et politiques actuelles. Il nécessite d'inventer des solutions et des modes d'intervention adaptés aux situations nouvelles.

Ceci rend ces métiers plus passionnants.



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Publié dans Animation

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